Analyse croisée Aléa - Vulnérabilité

   


 

Analyse croisée Aléa – Vulnérabilité. Echelles spatio-temporelles de l’aléa hydrométéorologique et des réponses sociales lors d’événements climatiques extrêmes

De nombreuses connaissances sont disponibles sur l’aléa crues rapides et la vulnérabilité associée. Elles sont rarement rapprochées. Or l’intégration des données hydrométéorologiques et des données sociales est indispensable pour apprécier le temps d’anticipation nécessaire à différentes échelles spatiales et donc pour mesurer l’efficacité des méthodes de surveillance et de prévision ou bien pour permettre une gestion de crise socialement adaptée.

Ruin et al. (2008) ont montré que la vulnérabilité n’est pas égale aux différentes échelles. La mortalité constatée distingue nettement l’effet meurtrier des grands cours d’eau (bassins de quelques milliers de km2) qui menace la population à son domicile de l'effet des très petits cours d'eau (bassins de quelques dizaines de km2) qui touche une population plus jeune et en déplacement.

Une analyse détaillée de quelques comportements individuels ou collectifs a porté sur deux cas : la crue du Gard (France), en 2002 et celle de la Fella (Italie) en 2004 (Creutin et al., 2009). Sur la base des données hydrologiques et des données sociales issues d’entretiens post-événements, les temps d’anticipation ont été reconstitués. Ils correspondent à l’écart entre le moment de l’action et l’heure du pic de crue sur le bassin versant considéré. Les points de la figure ci-dessous représentent les temps d’anticipation des actions enregistrées (recherche d’information, organisation, mise en protection) pour différentes catégories d’acteurs (individus, communautés ou institutions).

L’originalité de cette analyse est de comparer dynamique de crue et dynamique humaine en proposant un choix variable de pas de temps et d’origine des temps qui met l’action humaine à l’échelle et à l’heure du lieu où elle se déroule. Elle montre par exemple que les conditions spécifiques des petits bassins versants autorisent essentiellement une organisation individuelles ou communautaire parfois trop tardive.

 
Représentation en temps d’anticipation de 43 actions individuelles ou collectives sur un graphe reliant en ordres de grandeurs les temps de réponses caractéristiques des bassins versants en fonction de leur surface (droite du bas) et le temps caractéristique de développement de la cellule pluvieuse génératrice (droite du haut).

Contribution de Céline Lutoff (IGA)